La vérité est une agonie qui n'en finie pas

La vérité est une agonie qui n'en finie pas
Hurler jusqu'à en crever. Comment s'en sortir ? Je ne sais pas trop. Le vide, après le choc. Comment le remplir ? Même les paradis artificiels ne servent plus; leur portes ont été fermés. Juste le néant, et soi. Les insupportables phrases, échos de la Mort de l'être, elles résonnent à n'en plus finir. Il y a en soi des mots qui nous immolent et auxquels nous ne pouvons échapper. Essayer de réveiller ce qui est encore vivant; chercher la douleur physique pour oublier la douleur mentale. Se griffer, se brûler, se vomir. Corps à corps avec soi-même, tenter de s'oublier. Perdre, fasse à la masse oppressante de l'univers; sentir le poids de chaque atomes d'air. Et se traîner éternellement dans le terrible abattement de l'Amour perdu. Du sens expié. De la raison expiré. De la nouvelle folie. Place à l'infamie ! Il en faut même au sein de l'immonde orgie des sens bafoué. Même plus envie de crever. Juste, rester, immobile, se momifier dans une tristesse sans nom. Stigmatisée. On me fuis. Qui sera le réveil ? Ou sera la sortie ? Ne suis-je donc point condamné ? N'étais-ce mon destin ? Je ne me suis donc pas trompée; le pire est à venir. No futur, messieurs dames. Mais tu es seule à crever dans ce monde infecté. L'enfer est partout; il est en toi. En Moi ? Mais pourquoi ? Il n'y a pas de réponse, murmure la voix. L'âme hurle, sans s'arrêter. Le son augmente; le coeur s'accélère. Les pupilles s'agrandissent; le souffle se fait court. Il faut que cela franchisse les lèvres; il faut que ce soit exprimer. L'éxpiation est là, tout prêt, dans les mots ! Il faut oser, demander pardon, à soi, aux autres. Mais le son ne sort pas. Les yeux se voilent; le coeur explose.
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# Posté le dimanche 24 février 2008 12:48

Vision

Vision
Un homme, une âme. Tombe dans un tunnel sans fin, tournoie. Il ne peut stopper sa chute, esclave de sa déchéance. Éraflé, écorché, il tombe, aspiré. La Musique, envoûtante, s'élève de tout côtés. Soudainement, il se rattrape à une aspérité, mettant fin à sa descente aux enfers, brisant ses chaînes. Illusion. Sa destinée vacille, ne tenant qu'à un fil. Le choeur augmente, plus entêtant, immuable. Les fantômes de ses nuits s'avancent, scandant l'obsédante mélopée de la tentation des abysses. Il ne se relèvera pas. Ils l'oppressent, le poussent, ne le laisseront pas s'en sortir. Il rechute.
Ne lutte pas, ne résiste pas à l'appel pressant de l'abîme. Il touche le fond, être entaché, corps disloqué. Les spectres ont gagnés.
Lentement, l'entité s'élève, vaincue. Regagnant les rangs qui toujours l'ont attendu. Sur les saillies se tiennent les esprits victorieux. Ils auront eu raison de lui. Tête basse, il rejoint les musiciens maudits et entame la mélodie, l'archer à la main, en attendant le prochain inconscient.
# Posté le dimanche 27 janvier 2008 05:57

Impuissance...

Impuissance...
Tu sais bien, rester au bord de la route, et regarder les autres vivre. Laisser couler les larmes, le temps, la fumée. Ne pas s'impliquer. Impression de solitude, tu la connais toi ? Ce roulement incertain des secondes qui s'en vont, et savoir qu'elles sont perdues à jamais. Se dire peu m'importe, alors que ce n'est pas vrai. Tu sais bien quoi, la recherche du vertige, la caresse et la guerre. Tu la connais, toi, la souffrance amère ? Des fois, le ciel se met à tourner, les sens s'exaltent, tout prend une vitesse formidable. On croit vivre, enfin. Mais ce n'est qu'un simulacre, hein ? Tu le sais bien, non, que tout est faux, et que seule l'illusion nous sauvera. Non, tu ne sais pas ? C'est vrai, toi, tu vis. Toi, tu sais ce qu'est la sensation voluptueuse de profiter du monde. Toi, sale égoïste, tu es comme les autres. Banalement heureux. Voir triste. Mais la mélancolie t'es étrangère, hein ? La nostalgie d'un temps inconnu, meilleur, tu ne l'as pas. Une mélodie inconnue ne te hantes jamais. Jamais tu ne te demande ce que tu fous sur cette putain de planète, hein ? Et merde. Sois heureux, vas, je ne t'en veux pas. Je te regarderai vivre, comme tout le monde vit, à rire de connerie et s'amuser ensemble. Et je pleurerai, ayant conscience de ce que je perds. Et je souhaiterai ma mort, et celle de tout mes pairs. Qui sait, un jour, tu sauras ?
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# Posté le samedi 08 décembre 2007 08:42

Exacerbation des sens

Exacerbation des sens
Les gestes, lent tout d'abord, s'affolent. Tout comme les sens qui s'exaltent, les souffles se faisant cours. Les regards et les lèvres se cherchent ; la peau que l'on dénude. Les premier frissons, la beauté de l'autre, l'émerveillement de soi. Donner, et tant recevoir. L'espace d'un instant, d'une pause, les mains s'enchaînent, se touchent, se reconnaissent et se quittent pour continuer l'exploration du corps adverse. Le respect infini contenu dans la caresse et la passion proche de la folie de la bouche qui mord ; la recherche du plaisir, les gestes amorcés, gênés, l'énervement de ne pas y arriver. Les yeux de l'autre, qui rassurent, la main qui guide. Le bonheur d'être ensemble et la beauté des mouvements; le miroitement des corps, suant, l'impression de se noyer au fond de l'univers. Toucher les étoiles, enfin, et la volupté qui s'installe. La respiration reprenant un rythme normal, le sourire de chacun. Et chaque fois différentes de la précédente, toujours recommencer à se chercher.
# Posté le samedi 08 décembre 2007 08:39

Rencontre déroutante

Rencontre déroutante
Il est 15h30, et pas une minute de plus. Le temps, l'espace de quelques secondes, s'est arrêté, plus de soleil, et le froid, insidieux. Plus que le froid. Tout se stop, sur demande, surprenante, même la musique disparaît. Un regard. Si noir, si noir. Un regard à saigner, écorcher, un regard de braise. Comment tant de choses arrivent-elles à passer, à se faire comprendre ? Et puis, les yeux se détournent, le temps reprend ses droits. Le bruit, tout d'abord, lorsqu'un instant plus tôt le silence était assourdissant. Et puis, les autres. Les ombres redeviennent humaines, les odeurs des corps en sueurs de nouveaux picotent le nez. Elle le vit se détourner, et partir. Ce fut véritablement la fin. Elle reprit sa respiration, qu'elle avait jusque là retenue sans s'en rendre compte.
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# Posté le samedi 08 décembre 2007 08:36