Hurler jusqu'à en crever. Comment s'en sortir ? Je ne sais pas trop. Le vide, après le choc. Comment le remplir ? Même les paradis artificiels ne servent plus; leur portes ont été fermés. Juste le néant, et soi. Les insupportables phrases, échos de la Mort de l'être, elles résonnent à n'en plus finir. Il y a en soi des mots qui nous immolent et auxquels nous ne pouvons échapper. Essayer de réveiller ce qui est encore vivant; chercher la douleur physique pour oublier la douleur mentale. Se griffer, se brûler, se vomir. Corps à corps avec soi-même, tenter de s'oublier. Perdre, fasse à la masse oppressante de l'univers; sentir le poids de chaque atomes d'air. Et se traîner éternellement dans le terrible abattement de l'Amour perdu. Du sens expié. De la raison expiré. De la nouvelle folie. Place à l'infamie ! Il en faut même au sein de l'immonde orgie des sens bafoué. Même plus envie de crever. Juste, rester, immobile, se momifier dans une tristesse sans nom. Stigmatisée. On me fuis. Qui sera le réveil ? Ou sera la sortie ? Ne suis-je donc point condamné ? N'étais-ce mon destin ? Je ne me suis donc pas trompée; le pire est à venir. No futur, messieurs dames. Mais tu es seule à crever dans ce monde infecté. L'enfer est partout; il est en toi. En Moi ? Mais pourquoi ? Il n'y a pas de réponse, murmure la voix. L'âme hurle, sans s'arrêter. Le son augmente; le coeur s'accélère. Les pupilles s'agrandissent; le souffle se fait court. Il faut que cela franchisse les lèvres; il faut que ce soit exprimer. L'éxpiation est là, tout prêt, dans les mots ! Il faut oser, demander pardon, à soi, aux autres. Mais le son ne sort pas. Les yeux se voilent; le coeur explose.


